Quand nous sommes rentrés le lendemain matin, j'avais un sérieux coup de cafard. Nous sommes tous obnubilés par le désir d'arranger les choses, au point de nous persuader que nous sommes capables de rectifier le cours de la vie. "Jeter des ponts", "tendre des mains", "arrondir les angles" : le lexique du monde moderne est hanté par le besoin de réconciliations, car nous sommes "le pays où tout est possible", pas vrai ? Nous nous faisons fort d'esquiver la tragédie, de combler l'abîme insurmontable qui se creuse si souvent entre les êtres humains, de comprendre l'incompréhension... Le point faible de cet optimisme entêté, c'est le refus de reconnaitre qu'il existe en effet des divergences insolubles, des tensions insolubles, d'accepter que malgré toute notre bonne volonté nous ne pouvons pas corriger tout ce qui a mal terminé, terriblement mal tourné...
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